La Belle au bois dormant (Sleeping Beauty)
Production réalisée par Monica Mason et Christopher Newton, d’après Ninette de Valois et Nicholas Sergeyev (2006)
Royal Ballet
Royal Opera House, Londres
23 octobre 2009
La Belle au bois dormant n’a pas toujours eu une destinée heureuse à Londres – les productions en demi-teinte se succédaient depuis des années lorsque le Royal Ballet a finalement décidé, en 2006, de revenir à celle qui avait fait son succès exactement soixante ans plus tôt, l’année où la troupe a investi la scène du Royal Opera House. Peter Farmer a été invité à reproduire, dans la mesure du possible, les légendaires décors d’Oliver Messel – et les additions chorégraphiques de la main de Frederick Ashton et Anthony Dowell ont retrouvé leur place sur scène. Les premières critiques ont naturellement noté les manques d’une telle entreprise de « reconstruction », mais cette Belle possède l’allure d’un réel conte de fées, loin de la grandeur de cour de l’Opéra de Paris, optant à la place pour une élégante simplicité.
La première représentation de la série voyait une distribution particulièrement luxueuse, entachée par quelques déceptions. Sarah Lamb, notamment, a donné du rôle-titre une lecture dans laquelle elle semblait mal à l’aise, en dépit de traits angéliques et d’une grande pureté technique. Effacée et visiblement nerveuse lors de son entrée, elle ne s’approche du personnage de la jeune princesse qu’au milieu du premier acte ; sa distance lors de la Vision d’Aurore s’apparente ensuite à de la froideur, loin du triste appel de la femme ensorcelée. Son rayonnement dans le Grand Pas final en est d’autant plus surprenant, mais l’héroïne avait bel et bien retrouvé ses considérables moyens, offrant enfin un pas de deux et une variation d’une cristalline beauté classique. (…)
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Sarah Lamb et Ivan Putrov © Johan Persson/The Royal Ballet, 2009
