La toute nouvelle version française du Huffington Post est arrivée, et j’ai le grand plaisir d’avoir l’occasion de parler de danse en français dans leurs pages – merci à eux ! Pour mon premier article, je suis revenue la semaine dernière sur quelques contre-vérités qui ont circulé récemment au sujet du prix des places à l’Opéra de Paris. Balletomanes et lyricomanes le savent bien : oui, les tarifs ont drastiquement augmenté à l’Opéra ces dernières années, et ce grâce quelques tours de passe-passe qui touchent principalement les moins fortunés. Un petit aperçu de la situation :
L’Opéra de Paris, imperméable à l’inflation et à la crise ? C’est en tout cas l’image qu’aimerait donner la vénérable institution parisienne, et celle que les médias ont largement relayée en ce début d’année 2012. Avec une fréquentation en hausse d’1,7% en 2011 (dépêche AFP) et 795 000 spectateurs au total, les dernières statistiques de fréquentation n’ont certainement rien de déshonorant, et l’Opéra est allé jusqu’à trompeter dans les colonnes du Figaro une baisse du prix de ses places – au prix de quelques petits arrangements avec la réalité.
“Sur le plan tarifaire, depuis trois ans, les places n’augmentent pas”, s’exclame ainsi Nicolas Joel, à la tête de l’établissement depuis 2009. Faux, monsieur le directeur : si le prix des places de première catégorie n’a pas subi d’augmentation depuis 2010, les plans de salle ont été complètement remaniés ces deux dernières saisons, des séries entières de sièges ayant été reclassés dans des catégories supérieures. Un exemple : à l’Opéra Bastille, où 8 catégories de prix sont proposées, des rangs situés au fond du premier balcon sont passées d’un coup de baguette magique de la 7e à la 5e catégorie pour la danse, soit une augmentation réelle de +120% pour une vue identique.
L’opération est toujours discrète et calibrée, et la maison a usé de quelques astuces supplémentaires en 2011-2012, de la création de quatrièmes rangs dans des loges du Palais Garnier qui n’en possédaient pas à la suppression des places debout à 5 euros en fond de parterre à l’Opéra Bastille, remplacées par des sièges vendus de 25 à 55 euros. Si les recettes de la billetterie ont augmenté de 6% en 2011, ce sont donc sans doute les habitués des fonds de loge et autres places à visibilité réduite qu’il faut remercier : contrairement à une hausse généralisée des prix, cette politique touche les moins fortunés de manière disproportionnée en utilisant les catégories qu’ils peuvent s’offrir comme variable d’ajustement. (…)
» Le reste de l’article dans le Huffington Post
