December 19, 2009

Critique : Facettes hivernales d’Ashton

Laura @ 18:41 —
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Les Patineurs / Tales of Beatrix Potter
Chorégraphie : Sir Frederick Ashton
Royal Ballet
Royal Opera House, Londres
14 décembre 2009


Toutes les alternatives à Casse-Noisette sont presque les bienvenues au mois de décembre, et le Royal Ballet reprenait cette année une soirée mixte à la popularité éprouvée. Sur le papier, la présence de Frederick Ashton et les thèmes respectifs des Patineurs et de Tales of Beatrix Potter donnent par ailleurs une identité typiquement anglaise à l’ensemble, loin des grands ballets hybrides auxquels chaque culture cherche à apporter sa marque – mais si la première partie est un délice hivernal qui se suffit à lui-même, Beatrix Potter marque une forme de retour en enfance dont on se passerait volontiers.

Un charme à la fois suranné et amusé émane des Patineurs, l’une des oeuvres de jeunesse d’Ashton, chorégraphiée en 1937. Les protagonistes, élégamment vêtus, se succèdent sur une « glace » entourée de légers portiques blancs, sous des lampions d’hiver multicolores. Créé si peu de temps avant la Seconde Guerre Mondiale, Les Patineurs célèbre une certaine carte du Tendre, à la légèreté éphémère, déjà nostalgique – fourrures et socquettes ont quelque chose d’adorablement décalé, et le tout ressemble à un calendrier de l’Avent enneigé, dont la nature n’est pas de durer.

La chorégraphie n’est pas en reste, musicale, légère, parsemée de touches d’humour que les danseurs soulignent à plaisir. Ainsi de l’entrée entre patinage et ski de fond des deux Filles en Bleu, avec leur sourire en coin, ou des sorties « chassées » et des chutes mises en scène des uns et des autres, délicieusement ridicules. Même l’unique couple de l’oeuvre, en blanc, joue une partition aux dissonances pleines de grâce – Sarah Lamb, éblouissante en blanc, possède le glamour d’une star de cinéma de l’entre-deux-guerres, tandis que Rupert Pennefather adopte le rôle de son fidèle miroir. Le duo de demoiselles en bleu est quant à lui dansé avec un esprit tout anglais par Yuhui Choe (sourire malicieux et fouettés d’acier) et Laura Morera, pour qui les difficultés techniques sont une promenade au parc d’à côté. (…)

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Steven McRae in Les Patineurs © Tristram Kenton

Steven McRae in Les Patineurs © Tristram Kenton





October 27, 2009

Critique : La lignée anglaise de la Belle

Laura @ 01:36 —
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La Belle au bois dormant (Sleeping Beauty)
Production réalisée par Monica Mason et Christopher Newton, d’après Ninette de Valois et Nicholas Sergeyev (2006)
Royal Ballet
Royal Opera House, Londres
23 octobre 2009

La Belle au bois dormant n’a pas toujours eu une destinée heureuse à Londres – les productions en demi-teinte se succédaient depuis des années lorsque le Royal Ballet a finalement décidé, en 2006, de revenir à celle qui avait fait son succès exactement soixante ans plus tôt, l’année où la troupe a investi la scène du Royal Opera House. Peter Farmer a été invité à reproduire, dans la mesure du possible, les légendaires décors d’Oliver Messel – et les additions chorégraphiques de la main de Frederick Ashton et Anthony Dowell ont retrouvé leur place sur scène. Les premières critiques ont naturellement noté les manques d’une telle entreprise de « reconstruction », mais cette Belle possède l’allure d’un réel conte de fées, loin de la grandeur de cour de l’Opéra de Paris, optant à la place pour une élégante simplicité.

La première représentation de la série voyait une distribution particulièrement luxueuse, entachée par quelques déceptions. Sarah Lamb, notamment, a donné du rôle-titre une lecture dans laquelle elle semblait mal à l’aise, en dépit de traits angéliques et d’une grande pureté technique. Effacée et visiblement nerveuse lors de son entrée, elle ne s’approche du personnage de la jeune princesse qu’au milieu du premier acte ; sa distance lors de la Vision d’Aurore s’apparente ensuite à de la froideur, loin du triste appel de la femme ensorcelée. Son rayonnement dans le Grand Pas final en est d’autant plus surprenant, mais l’héroïne avait bel et bien retrouvé ses considérables moyens, offrant enfin un pas de deux et une variation d’une cristalline beauté classique. (…)

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Sarah Lamb et Ivan Putrov © Johan Persson/The Royal Ballet, 2009

Sarah Lamb et Ivan Putrov © Johan Persson/The Royal Ballet, 2009





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