July 20, 2011

In Memory of Roland Petit (1924-2011)

When English National Ballet asked me to write programme notes for their upcoming Roland Petit mixed bill (July 21-24), I didn’t realise the celebration would turn into a posthumous homage. The news of Petit’s death shocked the ballet world last week, and while it casts a shadow over this London run, there is perhaps no better way to remember him than to go to the Coliseum and explore three of his greatest works: Carmen, L’Arlésienne and Le Jeune homme et la Mort. Here is a short excerpt of my piece on his choreographic style to encourage you to attend:

Cover of the Roland Petit programme © English National Ballet

Cover of the Roland Petit programme © English National Ballet

Many have tried to emulate Diaghilev’s achievements with the Ballets Russes, but few come as close as French choreographer Roland Petit in terms of creativity. A product of the Paris Opera Ballet School, he set up on his own at barely 20 and took full advantage of the resources of postwar Paris in the 1940s and 1950s, bringing together some of the finest painters, poets and designers for his first creations. Armed with a lucid, intensely dramatic neoclassical style, he embraced narrative choreography with distinctive chic.

Le Jeune Homme et la Mort (The Young Man and Death) is Petit at his most concise, distilling the essence of existential despair. A restless young man in a Paris garret is visited by a woman, a femme fatale who taunts him into committing suicide. Their perverse game ruffled more than a few feathers in 1946, but Le Jeune Homme’s enduring appeal as a total work of art owes much to the collaborative effort behind it – Roland Petit knocked on Jean Cocteau’s door for a libretto, and the French poet shaped the “mimodrama” with his own blend of realism and fantasy. Designer Georges Wakhévitch provided innovative cinema sets for the premiere, and as the woman leads the hero away as Death after his suicide, the seedy room gives way to an arresting vision of the Parisian rooftops. (…)

→ Roland Petit programme, English National Ballet, July 2011.

You can read the rest in the programme English National Ballet will be handing out at every performance this weekend – please go and celebrate Roland Petit with them.

» English National Ballet’s website (book tickets here)
» Roland Petit’s official website
» Video: Roland Petit season in rehearsal (English National Ballet)

Jérémie Bélingard (Paris Opera Ballet) in Le Jeune homme et la Mort © Anne Deniau

Jérémie Bélingard (Paris Opera Ballet) in Le Jeune homme et la Mort © Anne Deniau





July 15, 2011

Greetings from Russia – The New York Times introduces the Mariinsky

The New York Times published earlier this week a beautiful slide show designed to introduce local audiences to the Mariinsky Ballet, which is currently touring New York with Anna Karenina, The Little Humpbacked Horse, Carmen-Suite and Symphony in C. NYT dance critic Claudia La Rocco kindly asked me for my thoughts on casting, and you can read a few quotes of mine alongside very interesting comments from the dancers next to the photos:

» New York Times slide show: Greetings from Russia; The Feet Will Follow (Claudia La Rocco)

I’m mentioned in the introduction as well as p. 9 and 12. Enjoy!

Scene from The Little Humpbacked Horse © Natasha Razina

Scene from The Little Humpbacked Horse © Natasha Razina





April 19, 2011

Vérone ou l’urgence de vivre

Laura @ 12:25 —
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A Londres comme à Paris, le Roméo et Juliette de Rudolf Noureev est de retour sur le devant de la scène cette saison, et malgré son statut d’outsider face aux populaires versions de Kenneth MacMillan ou de John Cranko, cette lecture de Shakespeare continue à se démarquer par ses trouvailles dramaturgiques et scénographiques. Comme pour Le Lac des cygnes en décembre, je suis revenue pour le programme officiel de l’Opéra de Paris sur la genèse chorégraphique et théâtrale du ballet, présenté à l’Opéra Bastille jusqu’à la fin du mois d’avril. Petit extrait de l’article :

Couverture du programme 2010-2011 de Roméo et Juliette © Opéra National de Paris

Couverture du programme 2010-2011 de Roméo et Juliette © Opéra National de Paris

Œuvre de la consécration avec Margot Fonteyn puis symbole du chorégraphe, Roméo et Juliette aura rarement quitté Rudolf Noureev. Né l’année où Serge Prokofiev présenta pour la première fois sa désormais célèbre partition, il chercha en effet dès le début des années 1960 à convaincre Léonid Lavrovski, auteur de la chorégraphie de 1940 pour le Ballet du Mariinski, de monter celle-ci à Londres pour Margot Fonteyn et lui-même. L’affaire ne sera jamais conclue, mais un autre chorégraphe va permettre au couple de stars d’incarner les amants maudits : Kenneth MacMillan, qui crée sa propre version pour le Royal Ballet en 1965. Pour le jeune danseur russe, identifié à l’époque au répertoire classique de Saint-Pétersbourg, c’est l’occasion d’incarner « un héros abstrait » ou « l’un de ces princes-marionnettes, mais tout simplement un être humain ». Noureev chorégraphe ne fera que renforcer le réalisme du drame tout en naviguant vers la fin de sa carrière entre les rôles de Roméo et de Mercutio, troublants échos de deux facettes de sa personnalité : l’urgence de vivre au cœur du drame et la « drôlerie volubile » d’un clown tragique.

En 1977, cependant, Noureev n’a encore chorégraphié pratiquement aucun ballet ex nihilo, et a même cessé depuis bientôt dix ans de remonter les grands ballets de Petipa. Lorsque le London Festival Ballet l’invite à lui donner un Roméo et Juliette capable de concurrencer celui de MacMillan, qui tient toujours le haut de l’affiche à Covent Garden, c’est donc un chorégraphe nouveau qui s’attaque à l’œuvre de Shakespeare : le fils prodigue de l’école Vaganova s’est entre-temps nourri de styles nouveaux, de Paul Taylor à Martha Graham. Sa Vérone, ardente et colorée, sensuelle et brutale, va ainsi s’éloigner des structures classiques de Petipa et même du livret traditionnel de Prokofiev et Lavrovski pour mieux rendre le drame à sa violence élisabéthaine. (…)

« Vérone ou l’urgence de vivre », Programme de l’Opéra National de Paris, saison 2010-2011, pp. 40-43.

Pour la suite, direction le programme en vente au Palais Garnier ou à l’Opéra Bastille…





December 14, 2010

Un Lac pour Paris

Le Lac des Cygnes est de retour à l’Opéra Bastille pour les fêtes, avec en prime une série de prises de rôle et une invitée de marque, Ouliana Lopatkina (voir mon post en anglais sur la saison du Ballet de l’Opéra). La version que Rudolf Noureev a laissé en héritage à la compagnie, à la fois froide et psychanalytique, n’a pourtant pas grand-chose du joyeux conte de Noël, et à l’occasion de cette reprise, j’ai écrit un article sur ses spécificités dramatiques et chorégraphiques pour le programme officiel de l’Opéra de Paris. Petit extrait en guise de teaser :

Couverture du programme 2010-2011 du Lac des Cygnes © Opéra National de Paris

Couverture du programme 2010-2011 du Lac des Cygnes © Opéra National de Paris

« Le Lac des cygnes n’est pas encore un ballet français », écrivait Anna Kisselgoff dans le New York Times dans les années 1980. De fait, ce chef-d’œuvre de Tchaikovski, sublimé à l’origine par la chorégraphie de Petipa et Lev Ivanov et le lyrisme inné de l’école de Saint-Pétersbourg, reste avant tout un élément-clé de l’identité du ballet russe. L’œuvre n’arrive à Paris dans son intégralité qu’en 1960, dans une version de Vladimir Bourmeister qui fait écho aux traditions du Bolchoï. Lorsque Rudolf Noureev, autre Russe, décide finalement d’offrir au Ballet de l’Opéra sa propre version, vingt-quatre ans plus tard, le résultat semble à même de balayer toutes les réticences. En s’attachant à passer le conte de fées au crible de la modernité tout en préservant les légendaires passages chorégraphiques hérités du XIXe siècle, cette mise en scène s’impose comme ce dont Paris avait besoin : un Lac qui fait le lien entre ses racines russes et l’école française.

Noureev affranchit en premier lieu Le Lac d’éléments dramaturgiques et scénographiques ancrés dans la tradition russe, mais qui tendent à vieillir le propos du ballet. Plus de cour en carton-pâte visant à représenter un Moyen Âge folklorique, plus de bouffon, surtout, ce rôle virtuose inventé par Alexandre Gorski qui rendait triviales les scènes de cour de la version Bourmeister. Le conte tout entier est mis en abyme autour de la silhouette solitaire du prince : le rideau se lève sur Siegfried endormi, aux prises avec un prologue digne d’un cauchemar qui voit un oiseau de proie (Rothbart) transformer une princesse en cygne et s’envoler avec sa prisonnière. Le ballet s’achèvera sur cette même image, comme si toute l’histoire n’avait été qu’une hallucination du héro, une fiévreuse projection mentale – idée confirmée par le décor unique et austère qu’Ezio Frigerio oppose aux décors peints traditionnels, et qui va dans le sens d’une abstraction du conte. Son « palais glacial » accueille à la fois la cour et le monde rêvé des cygnes, et la narration passe ainsi sans interruption d’un visage à l’autre de la psyché du prince, partagé entre une réalité oppressante et l’« ailleurs » idéal qu’il s’est choisi comme échappatoire. (…)

« Un Lac pour Paris », Programme de l’Opéra National de Paris, saison 2010-2011, pp. 66-68.

A lire en intégralité dans le programme en vente à l’Opéra Bastille et au Palais Garnier !





December 3, 2010

2010 Standout: Marianela Nuñez (Pointe Magazine, December ’10/January 2011)

Laura @ 21:22 —
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It’s December already, and Pointe Magazine is playing the traditional “Best of” game in its latest issue, with a list of Standout Performances from all over the world. My pick was Marianela Nuñez in MacMillan’s Concerto, last March in London.

Cover of the December 10/January 2011 issue © Pointe Magazine

Cover of the December '10/January 2011 issue © Pointe Magazine

Dancer: Marianela Nuñez
Company: The Royal Ballet
Performance: Kenneth MacMillan’s Concerto

Marianela Nuñez has always been cast in the sunniest roles of The Royal Ballet’s repertoire. Promoted to principal in 2002 at barely 20, she’s a natural in Ashton’s La Fille Mal Gardée or as Coppélia’s carefree Swanilda. Her instinctive musicality and extraordinary control, however, have long hinted that there was more. Last March, Nuñez finally came into her own dancing the second movement pas de deux of Kenneth MacMillan’s plotless Concerto, in a performance filmed for DVD release. Her trademark smile gave way to a reflective gaze. Her creamy, full-bodied phrasing blossomed in the central adagio; the simplicity of the choreography allowed Nuñez to seemingly expand in the arms of her partner Rupert Pennefather, every movement radiating from deep in her back, her limbs serenely articulating Shostakovitch’s soulful score. By the end, the eager young dancer was forgotten, and a consummate ballerina was born.

If you missed it, Opus Arte has just released a DVD of the Royal Ballet’s Concerto/The Judas Tree/Elite Syncopations mixed bill. A fine opportunity to brush up on your MacMillan and to see Marianela Nuñez shine in this role, alongside a glittering list of Royal Ballet Principals and Soloists!

» Watch: Marianela Nuñez and Rupert Pennefather in the adagio from Concerto (Youtube)

» Read the full list of 2010 Standout Performances on Pointe Magazine’s website

Marianela Nuñez and Rupert Pennefather in MacMillan's Concerto © Johan Persson

Marianela Nuñez and Rupert Pennefather in MacMillan's Concerto © Johan Persson





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