April 5, 2011

A Noble Radiance: Johan Kobborg Interview (Pointe Magazine)

Laura @ 17:58 —
Filed under: English,Interviews — Tags: , , , ,

The Royal Ballet’s Johan Kobborg needs no introduction – his legendary partnership with Alina Cojocaru, his dramatic flair, the productions he has staged around the world speak for themselves.  For Pointe Magazine’s Reverence column, he talked to me about Bournonville, shopping, singing and more:

Cover of the April/May 2011 issue © Pointe Magazine

Cover of the April/May 2011 issue © Pointe Magazine

In reaching the top, how much is talent and how much is sweat?
For me, it was definitely more determination than talent. I know principals all over the world who are actually not naturally talented, but have worked very hard.

What are you most proud of?
My productions of La Sylphide. Staging it at the Bolshoi was an enormous personal achievement, because they’d just done a different production of La Sylphide, and I was able to change the dancers’ opinions of the ballet.

You were trained in Bournonville technique. What do you love most about it?
For a dancer it’s an amazing technical base. Maybe especially for boys, because for all the jumps you’re not using your arms to get you in the air. It comes from the stomach. That core strength makes everything else easier.

What’s your biggest indulgence?
I’m a shopaholic. If you let me loose in Dolce & Gabbana and I see something, I just think, ‘I work so hard, I should have it.’ It’s not good. I’m also a bit of a sparkler—I always wear gold sneakers. I have lots of pairs. (…)

» Read the full interview in Pointe Magazine: “A Noble Radiance,” April/May 2011

Alina Cojocaru and Johan Kobborg in rehearsal for La Sylphide © Johan Persson

Alina Cojocaru and Johan Kobborg in rehearsal for La Sylphide © Johan Persson





October 28, 2009

Tendresse du couronnement – A. Cojocaru et J. Kobborg dans La Belle au bois dormant

Royal Ballet
Royal Opera House, Londres
26 octobre 2009

Une valse de plus, quelques fées parlant de miettes et d’électricité… Et l’idée vague que l’on connaît par coeur chaque mesure de Tchaïkovski, que la grandeur de cette œuvre de maître s’est diluée en une narration inoffensive. Trop de princes de carton-pâte. Trop d’héroïnes impassibles.

Impression passagère tant qu’il y aura des danseurs d’exception – comme l’ont prouvé avec la manière Alina Cojocaru et Johan Kobborg au Royal Opera House, fêtant le retour confirmé de la danseuse d’origine roumaine après une grave série de blessures. L’ordre du monde est intimement restauré dans une telle Belle au bois dormant, dont l’apothéose, inspirée par une chanson dédiée à Henri IV, est censée célébrer l’harmonie imaginaire de tout un royaume. Et un tel couple conquerrait bien des trônes.

Alina Cojocaru danse une Aurore réellement, profondément émouvante. On ne peut s’empêcher de noter les traces qui persistent de sa brutale formation à l’Académie de Kiev – les déformations des pieds, une laxité qui semble avoir été forcée, quelque chose qui s’use dans le saut – détails qui, ajoutés à son aura d’innocence en scène, ont quelque chose de bouleversant. Elle continue pourtant à danser, à se présenter au public avec une étonnante vulnérabilité. L’entrée d’Aurore est délicate, entre allure de jeune faon et noblesse de manières, et se voit confirmée par un Adage à la Rose étonnamment joué de la première à la dernière note. L’instant où elle regarde avec reconnaissance et trouble, la tête légèrement renversée en arrière, l’un des princes qui la fait tourner – celui où elle vient disposer humblement et avec grand soin les roses aux pieds de ses parents – ces touches délicates font oublier la vaste question des équilibres, d’ailleurs paisibles. Lorsqu’elle apparaît ensuite au prince, sa Vision a la texture des rêves, impalpable, pleine d’une nostalgie assourdie qui monte à chaque développé pendant la variation d’Ashton. Ses bras ont une grâce russe dont l’éloquence, associée à l’aplomb anglais du buste, dépasse de beaucoup les codes des contes.

Et Johan Kobborg la réveilla d’un baiser, et l’histoire finit par un mariage de conte de fées. Le Grand Pas de Deux qui s’ensuit est peut-être l’un des moments de gloire du classicisme – Tchaïkovski et harmonie raffinée de couple royal réunis. Il n’est dit nulle part, cependant, que ce couronnement a son versant de tendresse ; sur le modèle de la parade, le mariage des héros est au contraire un rite de cour public. Alina Cojocaru et son prince le rendent touchant d’une manière presque inédite, en s’attachant sans cesse aux yeux l’un de l’autre. Leur regard mutuel lorsqu’il lui tend la main en guise d’invitation, dans les premières secondes, est d’une beauté humaine et d’une intimité dont le signe reviendra souvent. Alina Cojocaru distille naturellement une danse délicieusement musicale, souvent sublime, mais reste de cette Belle au bois dormant la profonde humanité des deux héros – le don qu’ils étendent de leur partenaire au public. Il est trop rare de voir des danseurs dénués de la moindre trace de dureté, et ce couple est poignant.

Sans oublier la relève, présente dans le rôle de la princesse Florine : Yuhui Choe, à la danse intelligente, pensive et délicate, impeccable, pianissimo.

Alina Cojocaru et Johan Kobborg dansent à nouveau les rôles principaux de La Belle au bois dormant  le 11 novembre. Un DVD existe également, distribué par Opus Arte, d’Alina Cojocaru dans le rôle de la princesse Aurore, aux côtés de Federico Bonelli.

Alina Cojocaru dans La Belle au bois dormant © Bill Cooper/The Royal Ballet

Alina Cojocaru dans La Belle au bois dormant © Bill Cooper/The Royal Ballet





Powered by WordPress - © L./Bella Figura - Licence Creative Commons.