December 20, 2011

Review: American Homecoming in Lyon

Balanchine/Millepied mixed bill
Concerto Barocco / Sarabande / This Part in Darkness

Lyon Opera Ballet
Opéra de Lyon, France
December 17, 2011

You can interpret Balanchine in different ways, but you can’t fake it. The dancing itself is the event, and on Saturday night, the Lyon Opera Ballet, a company better known today for its large repertoire of modern works by Mats Ek, Maguy Marin and Merce Cunningham, returned to the classical canon with mixed results.

Strictly academic technique is no longer the company’s natural language, and there is nowhere for them to hide in Concerto Barocco, a pared-down ballet whose only plot is its Bach score. Playful interaction between technique and music is crucial for the two female soloists who impersonate the two lead violins, and while Mariane Joly’s expansive arabesque worked well in the adagio section, no one in the cast delves deep enough into Balanchine’s architecture to create the abstract drama the steps call for. Fluidity and co-ordination at an individual level were also missing in the eight-strong corps de ballet; if they are to dance this repertoire, what they really need is time and experience.

This New York City Ballet classic was the prelude to a programme designed as a homecoming for French choreographer Benjamin Millepied, who trained in Lyon before joining Balanchine’s company as a dancer. The PR for him is solid gold: choreographer of the hit film Black Swan (as the poster for the run obligingly points out), potential heir to Balanchine and Jerome Robbins in New York, photogenic face of several advertising campaigns. His ballets come wrapped in the hype, and in the case of Sarabande and This Part in Darkness, don’t quite have what it takes to stand on their own. (…)

» Read the full review in the Financial Times

Benjamin Millepied's This Part in Darkness © Michel Cavalca

Benjamin Millepied's This Part in Darkness © Michel Cavalca






November 15, 2009

Critique : Mikhaïl Baryshnikov, Ana Laguna et quelques ombres

Three Solos and a Duet
Mikhaïl Baryshnikov & Ana Laguna
Valse-Fantasie / Solo for Two (extrait) / Years Later / Place
(Alexeï Ratmansky, Benjamin Millepied, Mats Ek)
Opéra de Lyon
10 novembre 2009

A l’heure où l’âge de la retraite ne cesse de baisser pour les danseurs, Mikhaïl Baryshnikov et Ana Laguna, dont les carrières ont respectivement commencé en 1966 et 1974, donnent en tournée une preuve émouvante de l’importance de la maturité – et de la valeur d’un art consommé, salué à l’Opéra de Lyon par une ovation debout lors de la première. Alexeï Ratmansky, Benjamin Millepied et Mats Ek leur offrent des oeuvres taillées sur mesure, mais ce que les deux danseurs amènent est au-delà – dans la légende, depuis longtemps.

Alexeï Ratmansky propose quoi qu’il en soit à Mikhaïl Baryshnikov une oeuvre profondément intelligente sur la Valse-Fantasie de Mikhaïl Glinka. Le géant entre en silence, s’observant dans un miroir imaginaire tandis qu’une voix-off explique les circonstances de la partition de Glinka – un amour perdu, quitté quelques temps auparavant. Cette nostalgie, teintée de désir, ironique, revient comme un écho dans la chorégraphie, qui colore la légèreté de la valse de tensions sous-jacentes. Baryshnikov danse avec les images de son passé – répétant des passages de mime classique perdus, demandant en mariage des fantômes, passant de la gaieté fière d’un Basilio au geste d’oubli des princes, la main posée sur la tempe. Ces signes qui reviennent de plus en plus souvent en viennent à le posséder, à évoquer une folie de Giselle amenée par les traces de l’âge. La musicalité impeccable de Ratmansky parachève ce miroir narcissique et émouvant tendu au danseur-acteur classique, qui, lorsque la musique s’achève, sort en courant comme les princes qu’il a incarné, en quête de ses ombres.

Benjamin Millepied ramène un autre passé de Baryshnikov sur scène dans Years Later, en utilisant très largement la vidéo. Le danseur russe s’y retrouve confronté à sa propre image dansant la même chorégraphie, filmée, mais surtout à sa jeunesse, vue à travers quelques vidéos de studio datant de sa jeunesse à Saint-Pétersbourg. La pureté de sa technique y est éblouissante, reste la trace d’une époque extraordinaire pour le Kirov et l’Académie Vaganova. Malheureusement, Benjamin Millepied ne tire pas beaucoup de cette rencontre entre le Baryshnikov d’aujourd’hui et cette figure révolue – le danseur joue de sa nonchalance sur scène, utilisant un jeu d’ombres pour se projeter à côté de son image et imiter certaines postures classiques. Sa technique est plus sollicitée que dans les autres oeuvres au programme, et ses mouvements n’ont rien perdu de leur précision de chat, sauts compris. Il aura cependant surtout joué de son charme avant d’envoyer paître ses doubles digitaux avec un bras d’honneur, et la confrontation laisse un goût d’inachevé.

Deux oeuvres de Mats Ek complétaient le programme en donnant un aperçu complètement différent du travail des deux danseurs, Ana Laguna rejoignant Baryshnikov. La muse de Mats Ek, au coeur de nombre de ses créations, n’a rien perdu de ses affinités avec le style tellurique du chorégraphe, dont elle remonte désormais les oeuvres pour d’autres compagnies. Dans Solo for Two, adaptation pour la scène du Smoke immortalisé par Sylvie Guillem, elle est au sommet de son art. On a beaucoup entendu les Spiegel im Spiegel et Für Alina d’Arvo Pärt, mais le corps à la fois majestueux et vulnérable d’Ana Laguna en fait quelque chose de différent – une tristesse du corps qui vieillit, de sa déréliscence et de sa lucidité. Le mouvement de Mats Ek est entièrement absorbé, délié et charnel, sans vulgarité. Ana Laguna l’habite comme une relation ancrée par les décennies, magnifiquement touchante. (…)

» La critique complète sur Dansomanie

Mikhaïl Baryshnikov & Ana Laguna dans Place (Mats Ek) © Bengt Wanselius

Mikhaïl Baryshnikov & Ana Laguna dans Place (Mats Ek) © Bengt Wanselius





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